Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 22:14

L’avènement prochain du web mobile anime les débats du petit monde des TIC.

Les gourous exhortent les entreprises à franchir le pas de l’Internet mobile sous peine de laisser le champ libre aux first movers. Le public est encore restreint, mais il est là et trépigne de ne pas avoir grand-chose à surfer sur son smartphone.

Comme toujours, l’arrivée d’une nouvelle technologie ou l’avancée technologique est source de tensions et de questions.

 

Voilà quelques réflexions sur le sujet.

 

Retour à la genèse technique d’Internet ?

Les contraintes posées par ce nouveau média nous ramènent une dizaine d’années en arrière, à l’époque du bas débit et des écrans cathodiques 15’.

 

Tout d’abord, la gestion du poids des pages va redevenir une priorité. Oubliée depuis longtemps avec la démocratisation du haut débit, la gestion du poids des pages n’est plus un critère de qualité comme il a pu l’être par le passé.

Même si on ne parle plus du vieux modem 56 kb/s, le débit théorique maximum en 3G est de 380 kb/s, celui du Edge autour de 200 kb/s et le GPRS de 50 kb/s. L’offre en 3G+ (3.6 Mb/s) n’est pas encore complètement opérationnelle, et la 4G (36 Mb/s) n’arrivera pas en Europe avant 2010. Les coûts d’infrastructure sont très (trop) élevés, les opérateurs vont donc lentement dans le déploiement.

Exit les images en haute définition, les animations Flash et les vidéos, le texte va prendre une place prépondérante dans les sites mobiles.

 

Ensuite des contraintes budgétaires pèsent sur les utilisateurs ; un grand nombre de forfaits ne sont pas illimités, et il faut payer au volume de données. Ce n’est plus le temps passé en connexion, mais le principe reste le même qu’il y a 10 ans : plus on surfe, plus c’est cher.

 

La taille des écrans posent également des contraintes importantes, puisqu’au mieux, un écran de portable « standard » a une définition 320x480, pas si éloigné que ça des 640X480 des écrans 15’ de la fin des années 90. Les sites pour mobile devront donc revenir à une présentation sur une colonne, là où la profusion des contenus (et la largeur des tailles d’écran) a poussé à présenter les contenus sur 3 ou 4 colonnes.

Et pour optimiser l’utilisation des sites pour tous les navigateurs de mobiles, la mise en page devra être adaptative (comme lorsqu’il fallait gérer des largeurs d’écran différentes de 640, 800 ou 1024 pixels !). Sans oublier qu’un I-phone peut basculer en format italien.

 

Une utilisation nouvelle

Pour terminer sur les aspects techniques, une nouvelle contrainte de taille est à prendre en compte : l’absence ou quasi-absence de clavier sur bon nombre de portables. Cet aspect a une grande importance, et l’ergonomie doit être adaptée à la navigation « au doigt ». Les moteurs de recherche perdent une grande part de leur intérêt, et de nouvelles approches ergonomiques devront être créées, que ce soit dans les sites ou sur les matériels.

 

Au-delà de ces considérations techniques, la vraie nouveauté est dans l’utilisation que vont faire les « mobinautes » des contenus à leur disposition.

 

Plusieurs cas peuvent se présenter :

 

·         Le relais en temps réel d’informations qui seront consultées plus « sereinement » devant un écran. Dans ce cas, la meilleure approche est de créer un site ressemblant à un blog avec une colonne unique de contenus et une navigation simplifiée en haut et bas de page. Il sera la version très simplifiée du site et une détection automatique routera directement les mobinautes sur cette version light.

Ce site light bénéficiera des paramétrages et personnalisations que l’internaute aura fait lors de sa consultation sur écran.

Ce modèle est adapté aux sites d’informations générales, aux sites d’annonces et aux réseaux sociaux.

A ce jour en France, les réseaux sociaux ont déjà commencé à répondre à ces problématiques (par exemple Facebook), et certains sites d’information s’intéressent au sujet, mais uniquement en donnant des réponses pour les I-phones.

 

·         La réponse à une question précise du mobinaute, liée à son environnement immédiat : quel est le magasin le plus proche de telle enseigne ?, où trouver un taxi ?, quels sont les retards de train prévus ?...

Dans bien des cas, le mobinaute sera pressé et/ou mal installé. Pour ce type de requête, la navigation doit être simplifiée pour cerner au plus vite la demande et fournir la réponse adéquate.

Quelle optique prendre ? Un site allégé encore une fois, avec des fonctionnalités réduites à celles qui sont les plus utiles aux mobinautes. Une ergonomie très visuelle, minimisant la saisie et favorisant l’accès par « clics ».

Cette approche doit être celle de nombreux sites qui peuvent fournir ces renseignements : sites d’enseigne, services publics, localisation…

 

·         La navigation « comme à la maison ». A ce jour, cette navigation est minoritaire. Rien ne s’oppose techniquement à l’acte d’achat via un mobile ou à la navigation « complète », mais combien de personnes le font aujourd’hui ? La navigation sur l’écran d’un smartphone est et restera moins confortable que sur un écran classique.

Mais, quelle va être la tendance ? Nos grands-parents n’auraient jamais imaginé lire des articles sur un écran. Nos parents ont du mal à le faire et préfèrent souvent imprimer. Nos enfants utiliseront peut être exclusivement des smartphones ou des terminaux mobiles ayant résolu les contraintes ergonomiques.

Dans l’immédiat, pour répondre aux aficionados ou tout simplement aux personnes qui ont du temps devant eux, les sites mobiles doivent prévoir un lien pour revenir sur la version du site web original. Interdire cet accès serait une grave erreur pour le long terme.

 

Avant de conclure, quelques statistiques :

Le nombre d’utilisateurs uniques aux Etats-Unis qui se connectent sur des sites d’information quotidiennement est passé de 11 millions en janvier 2008 à 22 millions en janvier 2009. Et le nombre d’utilisateurs uniques qui se connectent une fois par mois est passé de 37 à 63 millions sur la même période (source ComScore).

 

Le taux de pénétration de l’Internet mobile dans les pays occidentaux variait entre 10 et 16% au 1er trimestre 2008 (source Nielsen Mobile).

 

Le nombre de mobinautes devraient passer de 577 millions en 2008 à 1.7 Milliards en 2013 selon Juniper Research.

 

Les utilisateurs sont déjà là et sont de plus en plus nombreux. Il ne reste plus qu’à trouver la bonne formule pour capter l’audience des mobinautes.

Par Benjamin
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